Présentation des temples
de Saint-Dié, de Raon l'Étape et de Senones
Dans cette page, vous pouvez découvrir l'historique de ces 3 temples:
Je
suis dans la joie,
quand on me dit :
allons à la Maison du Seigneur !
PSAUME 122, 1.
intérêt et la célébrité du Temple de l'Église Réformée de Saint-Dié-des-Vosges sont dus à son ensemble de vitraux sur le thème de la Création, d'une part, et de l'autre, à ses orgues.
Construit de 1854 à 1856 sur les plans de l'architecte d'arrondissement Ch. BRUYANT, au temps du ministère du pasteur Victor JAEGLÉ (1840-1871) qui succédait au fondateur de la paroisse, le pasteur Louis RAUSCHER (1830-1840), petit-fils d'OBERLlN, le célèbre pasteur du Ban-de-la-Roche. Le Temple de Saint-Dié ne présente pas d'intérêt architectural particulier. Son clocher surmonté d'une pyramide de pierre de grès des Vosges est couronné, à trente mètres au-dessus du sol, d'une croix de fonte en forme de croix huguenote qui rappelle la croix de chemin érigée sur le parvis de l'église de Saint-Léonard. Un très beau porche de style roman nous rappelle la tradition de l'art religieux médiéval représenté à Saint-Dié par le bel ensemble de la cathédrale, de Notre-Dame et son cloître.
À l'occasion des fêtes du centenaire du Temple, une restauration complète due à l'architecte Roger BOILLAT donnait, en 1956 son visage actuel à cet édifice. Son inauguration eut lieu le 19 décembre 1956 à l'occasion d'un culte présidé par le pasteur Marc BOEGNER, alors président du Conseil cuménique des Eglises, de l'Académie Française, qui prêcha sur le psaume 122/1: « Je suis dans la joie, quand on me dit: allons à la maison du Seigneur ! ».
Par la suppression d'un mur intérieur derrière lequel se trouvaient sur deux étages des sacristies et salles de classes, le Temple prenait la forme classique d'une basilique antique formée d'une nef rectangulaire, d'un chur et d'une abside, le tout recouvert d'un plafond en caissons de bois en pin de Suède.
Malgré ses dimensions modesteslongueur: 24 m, largeur: 10 m, hauteur: 8,20 m les heureuses proportions du Temple donnent à cet ensemble architectural sa grandeur, sa paisible harmonie et son unité. Ce sont cinq artistes qui nous ont aidés à réaliser la belle ambiance dans laquelle nous sommes accueillis ici: Louis RIVIER, Annie VALLOTTON, Henri LINDEGAARD, Edouard-Marcel SANDOZ et Roger BOILLAT.
Dès son entrée dans le Temple, le visiteur est frappé par le décor monumental du chur, par la lumineuse splendeur de son vitrail, encadré à gauche par le buffet des orgues aux rutilants tuyaux de montre, à droite par la fresque du Christ glorieux d'une grandeur hiératique.
Selon l'usage traditionnel, l'église est orientée est-ouest, le chur au levant, vers Jérusalem.
'ensemble des vitraux du Temple de Saint-Dié est inspiré par le thème de la Création, achevée dans et par l'uvre rédemptrice de la Croix.
« Le Christ aux sept miracles »
est l'uvre du peintre et maître verrier suisse Louis RIVIER (1) (1885-1968) qui l'exécuta en 1920. L'artiste le destinait à la fenêtre d'axe du déambulatoire de la cathédrale de Lausanne, chef-d'uvre de l'art ogival; mais il n'y fut jamais posé. Il fut présenté à Paris en 1920 au salon d'art religieux du Grand-Palais puis à Lausanne en 1921 à l'exposition nationale d'art appliqué, encore à Paris à l'exposition internationale de 1937, à la section d'art religieux, enfin à Washington et à Rome. RIVIER a su créer une uvre monumentale qui demeure à l'échelle d'une nef peu élevée. Il optait pour un plan et pour un dessin fortement structurés, inscrits en des panneaux en forme de croix de Saint-André, et pour des morceaux de verre très réduits de dimensions. L'effet est merveilleux : par le choix judicieux des couleurs, RIVIER fait chanter par frottement une multiplicité de bleus et de rouges maintenant son uvre au niveau des plus belles créations de l'art du vitrail au Xllle siècle. Plus on s'approche du vitrail, mieux on comprend que Louis RIVIER fut, non seulement un maître-verrier d'une grande science, mais encore un grand peintre: voyez les pieds du crucifié !
L'idée de ce vitrail vint à RIVIER un jour qu'il écoutait la Passion selon saint Matthieu de J.-S. Bach (Numéros 56 et 57): À Ponce-Pilate qui interroge la foule surexcitée contre Jésus: « Quel mal a-t-il fait? », une voix de soprane, reprenant la réponse de Jésus au Baptiste (Matthieu 11/4-6) répond, accompagnée par deux hautbois da caccia: « Il nous a fait du bien à tous, aux aveugles il rend la vue, il rétablit les infirmes, il nous donne la Parole de son Père, il chasse le diable, il console les affligés, il pardonne aux pécheurs: voilà le mal qu'a fait mon Jésus! ». RIVIER conçoit son vitrail comme l'accomplissement de la parole du prophète Esaie (53): « Il n'avait ni beauté ni éclat pour nous le faire aimer... et par ses meurtrissures, nous avons la guérison ». Ces paroles sont peintes sur la banderole qui entoure l'arbre de la Croix.
RIVIER peint devant nos yeux Jésus-Christ crucifié (Galates 3/1), et du sang coulé sur la Croix jaillissent sur nous ses bénédictions: de part et d'autre du Christ, quatre demi-médaillons racontent quatre miracles, si l'on ose dire, mineurs; à gauche, de haut en bas: Jésus rend la vue aux aveugles (Matthieu 20/29-34), il rend leurs membres aux infirmes et aux para lytiques (Matthieu 9/1-8), puis à droite, de bas en haut: Jésus guérit la femme atteinte d'une perte de sang, et qui touche son vêtement par derrière (Matthieu 9/20-22), Jésus purifie les lépreux (Matthieu 8/1-4).
Dans les trois médaillons du centre, RIVIER raconte les trois miracles majeurs des évangiles; au centre /a résurrection du fils de la veuve de Nain: « Au moment où Jésus et la grande foule qui l'accompagnait approchaient de la porte de la ville, on menait un mort au cimetière, c'était le fils unique d'une veuve. Beaucoup de gens de la ville le suivaient. Quand le Seigneur la vit, rempli de pitié pour elle, il lui dit: « Ne pleure pas ! », Puis il s'avança et toucha le cercueil, Ies porteurs s'arrêtèrent. Jésus dit: « jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi I ». Le mort s'assit et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère. » (évangile selon saint Luc 7/11 -17).
La résurrection de Lazare « Jésus profondément attristé, se rendit au tombeau. C'était une caverne, avec une pierre placée devant l'entrée. Enlevez la pierre ! » dit Jésus. Marthe, la sur du mort lui dit: « Seigneur, il doit déjà sentir mauvais, car il est dans le tombeau depuis quatre jours. » Jésus lui répondit: « Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? ». On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux vers le ciel et dit: « Père, je te remercie de ce que tu a m'as écouté. Je sais que tu m'écoutes toujours, mais je dis cela à cause de ces hommes qui m'entourent afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. » Après ces mots, il cria d'une voix forte: « Lazare, sors de là ! » Le mort sortit, les pieds et les mains entourés de bandes et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit: « déliez-le et laissez-le aller! »
Au sommet du vitrail, au-dessus du Christ crucifié, RIVIER a voulu placer le Christ qui donne la vie à qui il veut, le deuxième Adam qui est l'Esprit vivifiant. Jésus lève les bras vers le ciel, pour marquer sa totale communion avec le Père. Lui qui vient de pleurer à cause du péché des hommes pour qui il va mourir dans quelques jours en croix, il commande à la mort et fait lever vivant Lazare mort, en signe de sa résurrection. On comprend pourquoi le fond merveilleusement lumineux du vitrail dans lequel scintillent les mille feux multicolores qui sont comme les fleurs de la reconnaissance des fidèles dans l'azur de l'amour de Dieu, et qui devient si sombre autour du Christ de Golgotha, redevient si clair pour glorifier le Christ vainqueur.
La résurrection de la fille de Jaïrus « Jaïrus était un chef de la synagogue. Il se jeta aux pieds de Jésus et le pria de venir chez lui parce qu'il avait chez lui une fille unique qui était en train de mourir. Pendant que Jésus « s'y rendait... un messager vint de la maison du chef Jairus et dit à celui-ci: Ta fille est « morte. Ne dérange plus le maître. » Jésus l'entendit et dit à Jairus: « N'aie pas peur, crois « seulement, et elle guérira. » Arrivé à la maison, il ne permit à personne d'entrer avec lui, si ce n'est à Pierre, à Jean, à Jacques, au père et a la mère de l'enfant, Tous pleuraient et se lamentaient à cause de l'enfant. Alors Jésus dit: « Ne pleurez pas. Elle n'est pas morte, mais elle dort. » Ils se moquèrent de lui, ils savaient bien qu'elle était morte, Mais Jésus la saisit par la main et dit d'une voix forte: « Enfant, lève-toi » Elle revint à la vie et se leva aussitôt. Jésus ordonna de lui donner à manger.
Dans les deux demi-médaillons du bas, RIVIER a nimbé deux figures, sans doute représentent-elles tous ceux qui ont vu et qui ont cru. Et vient en mémoire la parole de Jésus à son disciple Thomas, le dimanche soir qui suivit sa résurrection: « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! » (Jean 20/29).
Les six premiers jours de la Création
C'est sur l'initiative du sculpteur et chimiste suisse Edouard-Marcel SANDOZ (1881-1971) que l'on décidait de garnir dignement les six fenêtres de la nef, en remplaçant de très médiocres vitraux abusivement colorés. E.-M. SANDOZ proposait d'aider à la réalisation de ces nouveaux vitraux, afin qu'Annie VALLOTTON puisse donner libre cours à son talent dans une uvre importante.
Les six vitraux de la nef ont donc été dessinés par Annie VALLOTTON qui a cherché un style dépouillé pour accompagner en sourdine le vitrail où règnent rouges et bleus de son cousin RIVIER. Comme dans ses illustrations du Nouveau Testament en langage courant, déjà parus en millions d'exemplaires en anglais, en américain, en espagnol, en français, l'artiste a cherché les lignes les plus simples pour laisser au lecteur ou au visiteur le loisir d'ajouter lui-même ce qui lui convient. Elle prit le parti de tendre comme une grille formée de petits morceaux de verre en général presque blancs, légèrement nacrés, dans la trame de laquelle viendraient s'inscrire par la ligne de plombs plus épais que ceux de la grille, les traits figurant le Fils de/'Homme uvrant avec son Père dans l'uvre de la création du monde.
Annie VALLOTTON partait du vitrail de RIVIER. De même que l'artiste calibrait ses verres sur ceux de son prédécesseur, de même qu'elle allait extraire du vitrail du chur les couleurs principales pour les répartir dans ceux de la nef: jaunes pour la lumière et les luminaires des jours I et IV, bleus pour le ciel et la mer des jours II et V, bruns et ocres pour la terre et les terrestres des jours III et VI, de même le théologien et le croyant jettera un regard sur le Christ crucifié de RIVIER, au fond du chur de l'église, en se souvenant que dès avant la fondation du monde, le Christ est immolé. Le Christ est la Parole de Dieu devenue un homme, chair de notre chair. La Parole était avec Dieu au commencement. Dieu a fait toutes choses par elle; et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. Tel est le témoignage de saint Jean en son évangile 1/1-18. Le Christ a est le Fils premier-né, supérieur à tout ce qui a été créé. Car c'est par Lui que Dieu a tout créé dans les cieux et sur la terre... » écrit saint Paul aux Colossiens (1/15-20). Dans ses six vitraux, Annie VALLOTTON a voulu que chacun puisse recevoir que Jésus n'est pas seulement notre Sauveur, mais qu'il est aussi notre créateur, toujours un avec le Père et l'Esprit. Et c'est pourquoi on est invité à découvrir à l'aide de ces vitraux sur la Création l'unité des deux testaments, I'ancien et le nouveau.
Pour suivre l'ordre des jours, il faut partir de l'orgue vers la tribune, côté nord, et suivre côté sud depuis la fresque vers la tribune. Le Fils éternel, Parole vivante de Dieu, dit: « Je suis la lumière du monde ».
Au premier jour, Dieu dit: « Que la lumière soit ! », et la lumière fut. Il sépara la lumière d'avec les ténèbres, et la lumière passa, irradiante, au milieu des ténèbres. Recevons le témoignage de l'aveugle né, guéri par Jésus: « Je sais une chose, j'étais aveugle, et maintenant je vois. » (saint Jean 9/25). ![]()
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Bleu est le ciel, créé le deuxième jour. Au-dessus de notre ciel et de ses nuages, il y a l'au-delà, les cieux des cieux où Dieu habite dans le mystère de son amour et de sa sainteté. C'est le Fils de l'Homme, Jésus, qui ouvre le ciel à tout homme en sa solitude terrestre, comme à Jacob: en songe, il vit une grande échelle appuyée sur la terre, à ses pieds, et dont le sommet touchait le ciel de Dieu; et voici, les anges montaient et descendaient sur l'échelle. « C'est la porte des cieux », pensa Jacob; et il pria. Recevons la promesse du Christ: « En vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'Homme ». (Genèse 28, Jean 1/43-51). Au troisième jour de la création, le Fils éternel, le Semeur de toute vie, sépara la terre ferme des eaux mouvantes afin qu'un jour il y eut de l'eau prête pour recevoir les enfants de Dieu pour l'immersion du baptême, et de la terre fertile pour porter à maturation le froment et le raisin qui donnent aux enfants de Dieu le pain et le vin de la Cène: trois espèces pour rappeler aux hommes la nouvelle naissance par la mort et le résurrection du Fils de Dieu. a Mon corps, ceci; mon sang, ceci; faites ceci en mémoire de moi ! » ![]()
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Au quatrième jour, le Fils éternel qui est Parole de Dieu et lumière des hommes, créa les luminaires dans l'étendue du ciel: le soleil, la lune et les étoiles. C'est lui, le soleil de la justice, I'étoile brillante du matin, lui qui passera dans la nuit du tombeau la pleine lune de Pâque. Eclairés par l'étoile de Noël, des mages d'Orient sont venus adorer l'enfant-Dieu emmailloté dans la crèche de Bethléem. « Le soleil levant nous a visités d'en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix. » (saint Luc 1/78-79). Nos temps sont en sa main. Au cinquième jour, le Fils éternel préside avec le Père à la création des oiseaux du ciel et des poissons de la mer. « Qui donc est celui-ci à qui obéissent même le vent et la mer? » (saint Marc 4/41). C'est Jésus dont le cur est l'Esprit Saint, comme une colombe, et qui nous donne les oiseaux du ciel en modèle de confiante obéissance (saint Matthieu 3/13-17, 6/25-27). Et ce poisson, premier venu, qui offre pour Pierre et pour Jésus l'impôt du temple ! (Matthieu 17/24-27). Poisson, en grec IChThUS, que les premiers chrétiens gravaient dans les catacombes en signe de ralliement, parce que Ièsous Christos Théou Uios Sotèr, cela veut dire: Jésus le Christ, le Fils de Dieu, Sauveur. ![]()
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Le sixième jour, par et pour son Fils, Dieu créa tous les animaux, puis, à son image, à sa ressemblance, il créa l'homme, I'époux et l'épouse. Pour signifier que toute créature est associée à la gloire du créateur, Annie VALLOTTON a choisi les quatre êtres vivants de l'Apocalypse (4/6s): le lion, le taureau, l'être à la face d'un homme, et l'aigle, qui, dans la tradition de l'Eglise sont devenus symboles des quatre évangélistes. En haut à droite, I'artiste a représenté la vision de l'apôtre Pierre qui refusait d'annoncer l'évangile aux païens impurs; mais pour Dieu, tous sont purs; il n'y a plus b8tes pures et b8tes impures. (Actes 10/9ss, I Timothée 4/4, Rom. 13/14). Au bas du vitrail, dans les pattes du lion, l'agneau pascal, selon la promesse d'Ésaïe le prophète: « Le loup habitera avec l'agneau, le taureau, le lion et le bétail qu'on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira. (Ésaïe 11/6). Nul de nous ne vit pour soi-même, et la vocation de l'Église est de proclamer la bonne nouvelle du Christ à tous les hommes en chaque génération. Le septième jour de la création est le sabbat, le jour du repos de Dieu et des hommes. Retournons au chur vers le Christ aux sept miracles de RIVIER: le Christ est mort et se repose; toute l'uvre que Dieu fit au commencement et qu'il maintient par sa providence repose sur le grand-uvre de son Fils: par sa mort sur la Croix, il accorde aux hommes la guérison de toutes leurs maladies et infirmités, et la résurrection des morts. Pour ceux qui l'invoquent en vérité, par l'Esprit, brille la parole apostolique: « Si quelqu'un est en Christ il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (II Corinthiens 5/17).
C'est le maître verrier Ernest WERLÉ de Hagueneau, qui avait déjà posé le vitrail de RIVIER en 1956, qui a réalisé les cartons d'Annie VALLOTTON, et les a posés en mars 1970.
Ainsi, à travers le verre et par le plomb des vitraux, RIVIER et VALLOTTON, faisant jouer le verbe de la lumière, proclament ensemble la gloire du Fils de l'Homme dans sa création, accomplie sur la Croix, dans l'attente de son achèvement lors de son avènement.
le Christ en gloire Fresque de LINDEGAARD, qui est un peintre méridional, français fils d'un père espagnol et d'une mère danoise. Il est pasteur à Vézenobre dans le Gard, et est un élève du peintre Albert GLEIZES (1881- 1953): son monumental Christ en Gloire évoque, dans sa majesté le Christ du portail de Vézelay. Est-ce un Christ ressuscité sortant du tombeau, ou bien le Seigneur en sa parousie ? Les deux à la fois. Il porte sur lui les marques des clous, mais seulement trois d'entre elles sont visibles, sans doute par allusion trinitaire. Il est le médiateur dont une main trouée cherche l'humanité, et dont l'autre porte la bénédiction du Père. La Croix lui sert de diadème.
« Quand le Fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre » (saint Luc 18/8).
Le grand-orgue de Saint-Dié est un instrument de 53 jeux répartis sur quatre claviers manuels et un clavier de pédale. Il est de transmission mécanique pour les notes et pour les jeux. Il possède 3.330 tuyaux dont 57 sont en fa,cade. Il a été construit à Saint-Dié dans les années 1965 à 1968 par Pierre VALLOTTON, le pasteur de la paroisse pendant ses lundis pastoraux et ses temps de congés annuels. Il a été aidé par Philippe HARTMANN pour l'harmonisation des jeux d'anches, et par quelques paroissiens désirant voir aboutir un tel labeur.
La construction a été encouragée par le docteur Albert SCHWEITZER et le général Dwight EISENHOWER qui ont suscité quelques dons des U.S.A. et par plusieurs amis de Suisse et des Pays-Bas, la moitié de la somme nécessaire ayant été trouvée dans la paroisse.
Grâce à l'exceptionnelle acoustique de l'église et à l'harmonisation de ses jeux, I'orgue de Saint-Dié est déjà célèbre. Les plus grands virtuoses y ont donné des récitals et de nombreux enregistrements V ont été faits et retransmis pour les radios et la télévision nationales. Les CONCERTS SPIRITUELS DE SAINT-DIÉ organisent de fréquents concerts pour orgue seul ou avec churs et instruments, ainsi qu'une session annuelle dite ACADÉMIE DE L'ORGUE DE SAINT-DIÉ: chaque année, elle groupe une quarantaine d'organistes autour d'une dizaine de maîtres de l'orgue français et étrangers. Pour aider au financement de tous ces efforts en faveur de la musique religieuse et de son message, les Concerts Spirituels de Saint-Dié publient annuellement un calendrier international avec des reproductions d'orgues de l'Europe entière: ORGANA EUROPAE connus des spécialistes de l'orgue dans le monde entier (ORGANA EUROPAE, éd. Concerts Spirituels de Saint-Dié, 8.P. 16 - 88-Saint-Dié).
Le coq de fer forgé, uvre de GASSER de Raon-l'Étape, posé sur le positif de l'orgue, rap pelle à tous le reniement de saint Pierre. C'est intentionnellement qu'il est placé en direction de la chaire à prêcher. Son chant doit nous rappeler l'humilité et la fidélité.
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